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  • Karine Pontiès
  • Discipline enseignée : Instrumentarium du marionnettiste : Réécrire le monde en nous
  • Structure : DAME DE PIC
  • Site web : www.damedepic.be

1/08/2018

Programme : La recherche s'articule autour de la traduction. Traduire, réécrire, non pas nous dans le monde, mais le monde en nous, comme des êtres vivants parmi d'autres êtres vivants. Une traduction comme médiation entre la pluralité des cultures et l'unité de l'humain. L'essence de la traduction est d'être ouverture-dialogue-métissage-décentrement. Pour finir, traduire l'étranger en nous.
Traduire donc, et proposer une écriture, un langage qui part du corps dans lequel il y a plusieurs langues car il n'y a pas qu'un seul désir. La danse n'est pas un but en soi pour moi, d'un point de vue esthétique ou formel, elle est plus un moyen pour que le corps soit une expérience à mener, pour éprouver ses limites, ses identité(s) et ses devenirs. C'est un processus de transformation intérieure qui se nourrit à tout instant de l'expérience la plus consciente et la plus immédiate de la vie. Il ne suffit pas de donner à voir. Il s'agit de donner à créer, à se re-créer
Cet atelier du mouvement, sera un lieu de concentration où l'épreuve physique se fond avec l'imaginaire. Nous abordons ici un travail d'exploration, d'improvisation et de composition : il ne s'agit pas d'un savoir faire mais de solliciter l'imaginaire de chacun en proposant des outils qui a leur tour peuvent être modifiés.
Chacun est amené à jouer avec lui-même à travers plusieurs supports : textes, photos, tableaux, évènements, verbes d'actions, formes, couleurs, matières, animaux, éléments de la nature ...Car dans notre corps sont déposés des éléments qui viennent de nos diverses expériences, de sensations, de ce que nous avons écouté, regardé, touché, goûté.

Tel un acrobate singulier, dans un état ludique, l'étudiant a la possibilité de construire des univers ou des phrases chorégraphiques au cours d'improvisations et de constructions (individuelles et/ou collectives). Celles-ci alternent entre le théâtral et le formel, le banal et le stylisé, le simple et le compliqué, l'extravagance et la sobriété, le grand et le petit, l'émotion et la froideur. C'est un travail d'abord individuel, une expérience fondamentale dans le processus de la création. Seul le corps engagé dans le travail peut ressentir la précision et la justesse d'un geste, l'évidence d'un espace, la dérive, l'hésitation, l'erreur. Pour maintenir un équilibre entre structure et prise de risque, en acceptant les maladresses et les égarements. Dans tous les exercices, il est aussi important pour l'étudiant d'apprendre à regarder que d'apprendre à faire. Maintenir un équilibre entre structures et prise de risques, accepter les maladresses et les égarements, tout en gardant l'état ludique, durant des séances d'improvisation plus libres, plus débridées, spontanées, instinctives et collectives.
Pousser un mouvement au-delà de l'équilibre, c'est provoquer le déséquilibre, entrer dans la chute et, pour éviter cette chute, on avance. Ceci est valable autant pour le mouvement physique que pour les états sensibles.

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Karine Pontiès

 

 


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